En février 2008, le Kosovo proclamait son indépendance de la Serbie, 9 ans après la fin d'un terrible conflit opposant l'Armée de Libération du Kosovo (UCK) et l'Armée Populaire Yougoslave.

L'idée de partir au Kosovo ne fut pas au premier abord une évidence pour moi. Je n'ai, à vrai dire, jamais ressenti l'envie photographique de m'aventurer vers l'Est, bien que je fusse touché par un certain mode de vie dans cette partie de l'Europe ou par les travaux de certains photographes. Ces régions me semblaient loin de moi.
Néanmoins, lorsqu'un confrère me proposa d'aller au Kosovo pour travailler sur différents sujets de reportage, j'acceptais tout de suite. Il me semblait qu'il était important qu'un photographe, un journaliste ou un artiste apporte son point de vue sur ce petit Etat qui venait de se créer au coeur même des cicatrices de l'Europe.
J'avais encore en tête ces images du journal télévisé montrant des réfugiés fuyant la guerre et ses massacres, marchant d'un pas lent et lourd sur le bord des routes vers des lieux plus paisibles mais incertains.
En arrivant au Kosovo, en avril 2008, je fus surpris par la volonté et l'énergie ambiante de la reconstruction mais aussi par une tension et des ressentiments nettement palpables parmi la population. Le Kosovo m'a donné l'impression d'un pays encore profondément blessé par la guerre, autant sur le paysage que dans l'esprit des Kosovars... qu'ils soient Serbes ou Albanais.

avril 2008